À quel âge un enfant peut-il apprendre les échecs ?

Si l’on en croît certaines vidéos qui ont beaucoup tourné sur internet, on pourrait commencer les échecs tôt… très tôt même. On a par exemple vu circuler la vidéo de Misha Osipov qui, à 3 (!!) ans, joue contre l’ancien champion du monde Anatoly Karpov. Des prodiges aussi précoces existent oui… mais ils sont rares.

D'ailleurs, la plupart des plus grands champions n'ont pas commencé aussi tôt. Magnus Carlsen a appris les règles à 5 ans, Garry Kasparov et Bobby Fischer vers 6 ans. Commencer à 6 ou 7 ans laisse donc largement le temps de développer un excellent niveau.

Globalement, en-dessous de 5 à 6 ans, il est rarissime que les enfants intègrent vraiment les règles du jeu, et plus encore qu’ils comprennent comment orienter la partie vers la victoire de leur camp. Ça arrive, et j’ai déjà enseigné le jeu à un élève de 4 ans qui s’en sortait remarquablement bien. Mais c’est l’exception davantage que la règle : la plupart du temps à cet âge-là, ça ne marche tout simplement pas, et proposer à un enfant un défi trop difficile pour lui est le meilleur moyen de le dégoûter de l’effort.

Le cap des 6 ans

C’est vers âge-ci, celui de l’entrée en CP, que la plupart des activités échecs commencent à être proposés aux enfants (cours à l’école, club, compétitions), et c’est bien logique : c’est l’âge idéal pour intégrer les règles sans trop de difficultés, ainsi que les premiers plans stratégies et combinaisons tactiques. A 6 ans, on peut comprendre ce qu’est une fourchette, un mat, une attaque sur le roque, ou un plan de promotion d’un pion.

Attention toutefois : un enfant a son schéma de développement propre et il est indispensable de s’adapter aux spécificités de chaque enfant. Certains ont des facilités pour apprendre les règles et trouver de bons coups, mais beaucoup de difficultés à accepter une défaite, ce qui peut rapidement les dégoûter. D’autres au contraire, bons joueurs, seront toujours partants pour faire une partie même s’ils reproduisent souvent les mêmes erreurs. Il ne faut pas oublier que les échecs mobilisent beaucoup de compétences différentes, et que toutes ont leur importance, pour la pratique du jeu en soi autant que dans la vie.

Enfants : une progression en plateaux

Il est important de garder en tête que les enfants, bien plus que les adultes, progressent de manière irrégulière aux échecs. Un début brillant à six ou huit ans ne veut rien dire de spécial, de même qu’une stagnation durant plusieurs mois, parfois plusieurs années. La progression se fait davantage par déclics, et dépend d’un environnement favorable et, surtout, d’un intérêt réel pour le jeu !

C’est de loin le facteur de progression le plus important chez les enfants (et pas que, mais c’est un autre sujet) : leur intérêt. Celui qui montre un enthousiasme pour le jeu restera motivé et, inéluctablement, finira par progresser. Il est donc fondamental de ne pas brusquer l’enfant, de ne pas lui proposer des défis trop compliqués tout en l’encourageant à continuer à jouer (et donc à perdre !). Attention donc aux tournois trop difficiles pour lui qui risquent de le décourager…

De 9 à 12 ans : progression rapide possible

Après 9 à 10 ans, on atteint l’âge où les enfants, s’ils sont suffisamment intéressés par le jeu et suffisamment stimulés, peuvent rapidement intégrer des notions plus avancées. A partir d’ici, leur progression sera avant tout une question de régularité et d’investissement.

Finalement, le meilleur âge pour commencer les échecs n'est pas le plus jeune possible. C'est celui où l'enfant est capable de comprendre les règles... et surtout où il a envie de jouer.

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