Les échecs aident-ils vraiment à réussir à l'école ?

Ah, le jeu d’échecs, de quoi transformer tout enfant en premier de la classe ! Sauf que… non.

Il existe des études qui montrent une corrélation entre pratique des échecs et de meilleurs résultats scolaires, notamment en mathématiques. Mais ATTENTION au mot « corrélation » ! Les enfants qui pratiquent les échecs sont aussi, souvent, des enfants dont les parents valorisent déjà l'effort intellectuel, la lecture, la curiosité. Difficile de démêler ce qui vient du jeu lui-même de ce qui vient de l'environnement familial. Je me méfie donc très fortement des raccourcis du type « les échecs rendent intelligent », et de tous les mythes de ce genre qui sont véhiculés autour des échecs. C’est loin d’être aussi simple, et ce n'est d'ailleurs pas la raison principale pour laquelle je recommande ce jeu à un enfant.

Ce qui se transfère vraiment

Il y a des compétences que les échecs développent très concrètement, oui, et qui, elles, ont un effet direct sur le travail scolaire :

1) La concentration soutenue. Une partie d'échecs, même courte, demande de rester attentif du début à la fin, sans décrocher. C'est un muscle qui se travaille, exactement comme celui qu'on sollicite pour un contrôle de trente minutes, et plus tard de quatre heures (par exemple).

2) La méthode face à un problème. Aux échecs, on apprend à décomposer une situation complexe en étapes : qu'est-ce que je dois calculer, dans quel ordre, qu'est-ce que je peux éliminer tout de suite. C'est une gymnastique très proche de celle qu'on demande en mathématiques face à un exercice qui semble insoluble au premier regard, mais aussi dans bien d’autres disciplines.

3) Le rapport à l'erreur. Aux échecs, on se trompe, beaucoup, et l'erreur a des conséquences immédiates et visibles. Un enfant qui apprend à analyser calmement pourquoi il a perdu une partie, sans se juger, développe un rapport à l'échec qui lui sert bien au-delà de l'échiquier. La seule personne à laquelle il est pertinent de se comparer, c’est soi-même.

Le vrai bénéfice n'est peut-être pas là où on l'attend

Après plusieurs années à enseigner, ce que je vois surtout, c'est un changement d'attitude. Les enfants qui pratiquent régulièrement deviennent souvent plus patients face à un problème qu'ils ne comprennent pas immédiatement, plus enclins à essayer plusieurs approches avant d'abandonner. C'est précieux à l'école, mais ce n'est pas magique : un enfant qui joue aux échecs une heure par semaine ne va pas soudainement améliorer ses notes du jour au lendemain.

Si je devais résumer honnêtement : les échecs n'ont jamais transformé un élève en tête de classe à eux seuls. Mais ils apprennent à un enfant à réfléchir avant d'agir, à assumer ses erreurs, à rester concentré plus longtemps qu'il ne le ferait naturellement. C’est un vrai bagage, utile bien au-delà d'un bulletin scolaire.

Si vous cherchez une activité qui garantit de meilleures notes, les échecs ne sont probablement pas la solution miracle. Si vous cherchez une activité qui aide votre enfant à mieux penser, à mieux gérer la frustration et à progresser à son rythme, alors oui, ça vaut clairement le coup d’essayer les échecs.

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Mon enfant est-il « doué » pour les échecs ?