À quelle fréquence faut-il jouer pour progresser aux échecs ?

Le plus souvent possible ? Pas vraiment.

Jouer fait progresser, ou plutôt jouer est indispensable pour progresser. Par contre, et c’est l’une des toutes premières questions que je soulève quand un nouvel élève me contacte, c’est de savoir quel est son cadre de jeu ? Quelle cadence (temps à la pendule) ? En face-à-face, sur téléphone, sur ordinateur ? Contre un humain ou un robot ? A quel moment de la journée, de la semaine ?

Tous ces éléments vont, au final, compter bien plus que la quantité de parties jouées en tant que telle.

Les bonnes conditions pour jouer aux échecs

Ce que je conseille c’est de jouer en ligne, contre des humains uniquement. Les robots jouent souvent de manière très artificielle : ils alternent coups parfaits et grosses erreurs selon leur niveau paramétré. Pour apprendre à gérer les imprécisions, les idées et la psychologie d'une partie, les adversaires humains sont généralement plus formateurs. Jouer à une cadence de minimum 10 minutes chacun. 15 peut être encore mieux si l’on a le temps, mais 10 minutes permet déjà une bonne réflexion sans être trop chronophage. Et 10 minutes que l’on utilise vraiment, pas 10 minutes où l’on finit à plus de 9. :)

Aussi, ce qui est important, c’est le contexte. On n’est pas tous égaux là-dessus bien sûr, mais en gros, il faut faire en sorte d’avoir l’esprit clair et de ne pas être dérangé. Inutile de jouer trop tard le soir (« pour décompresser », un grand classique), au boulot en « volant » cinq minutes, ou dans le métro.

ATTENTION : je n’ai rien contre le jeu dans le métro ou le soir, éreinté de fatigue, mais il ne faut pas considérer ces parties comme des parties « sérieuses » qui vous feront progresser. D’ailleurs, je recommande de décoreller ces deux situations de jeu, avec deux comptes différents. Par exemple un compte chess.com pour les parties « sérieuses », et un compte lichess.org pour le fun.

Combien de parties par semaine alors ?

A partir du moment où les bonnes conditions sont réunies, alors : autant que vous pouvez, et surtout autant que vous voulez ! Jouer (et analyser ces parties par la suite) va vous faire progresser à terme, la régularité est la clé. Jouez tant que vous avez le même enthousiasme et la même fraîcheur : après plusieurs parties parfois, on perd un peu en concentration, on joue avec un esprit de revanche et on n’a plus l’esprit frais. C’est le moment de faire une pause. Ou, si vous avez encore envie de faire des échecs, de résoudre quelques problèmes tactiques plutôt que d'enchaîner une partie de trop.

En conclusion, il vaut mieux jouer cinq parties de qualité par semaine, en les analysant après, plutôt que d’enchaîner trente blitz.

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